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Management et prise de parole en public

On a tous du, un jour, prendre la parole en public. Selon notre fonction, cela arrive plus ou moins souvent, avec des enjeux plus ou moins importants ; il peut s’agir en effet du cercle restreint d’une réunion ou d’une audience plus large lors d’une conférence, ou encore d’un face à face avec un collaborateur ou un client.

Ces situations peuvent être source de stress ou d’inquiétude : À trop s’y préparer, certains ont peur de perdre leur naturel, de donner l’impression par exemple de réciter une leçon apprise par cœur ; à être trop dans l’improvisation, d’autres craignent de manquer de répartie, de perdre contenance, de montrer qu’ils maîtrisent mal leur sujet…

Alors, comment être le plus à l’aise, le plus confiant, sans perdre de son naturel ?

C’est à cette question que nous nous proposons de répondre dans cet article.

Répéter, répéter et encore répéter

Vous devez prendre la parole en public et cela vous inquiète : Et si vous envisagiez la situation comme un rôle à jouer. Finalement, c’est ce que font les acteurs, n’est-ce pas ? Ils ont une scène à jouer, ils se mettent dans la peau de leur personnage, s’imprègnent de sa psychologie, répètent et répètent encore leur texte, afin de se présenter le Jour J devant leur public en toute confiance (si ce n’est évidemment le trac inhérent au métier de comédien) parce qu’ils auront toutes les cartes en main pour remplir leur tâche le mieux possible.

Je vous entends argumenter : « Bien sûr, mais comment répéter une situation que nous n’avons, par définition, jamais vécue ? L’acteur, lui, il a son texte auquel se raccrocher, il peut se préparer. »

Il est vrai que selon les situations, nous n’avons pas forcément la maîtrise de ce qui va ou non se produire. Prenons une situation managériale assez commune : Vous prévoyez un entretien avec un collaborateur qui ne montre pas beaucoup de motivation. Vous souhaitez l’alerter sur son comportement, comprendre ce qui le provoque et évaluer s’il est possible d’y remédier. Que diriez-vous de vous mettre en face d’un miroir (ou de votre conjoint(e) si vous préférez !) et de jouer le rôle de coach. Faîtes l’exercice plusieurs fois en vous imprégnant de votre rôle et en modifiant le scénario à plusieurs reprises. Reproduisez l’exercice en vous plaçant cette fois dans la peau de votre collaborateur et voyez comment vous argumenteriez (ou pas) à sa place…

Toutes ces répétitions, ces simulations vont vous aider à vous adapter le jour J. Vous aurez tellement répété… que vous serez capable de vous adapter à ce qui va réellement se passer, même si les situations qui surviennent sont différentes des scénarios que vous avez envisagés lors de vos répétitions.

 

Apprendre son rôle, ce n’est pas manipuler l’autre

Je vous entends encore argumenter : « En fait, vous me demandez de jouer la comédie… Voire de manipuler l’autre ! »

Et je vous réponds que non, ce n’est pas de la manipulation. Il ne s’agit pas de fausser la relation en jouant un rôle qui n’est pas le vôtre. Il s’agit de rester centré sur l’autre, de ne pas vous laisser envahir par vos propres émotions (par votre « trac »). Pourquoi le comédien répète-t-il ? Pour réduire au maximum ce trac qui l’envahit lorsqu’il met un pied sur les planches. Lorsqu’il se présente sur scène, les regards des spectateurs braqués sur lui, il s’expose. Comme nu. Devant tout le monde.

Vous, face à votre collaborateur, vous n’êtes pas dans la même situation. Pourtant, vous avez un rôle à jouer. Un rôle d’encadrement, de soutien, de compréhension, d’accompagnement, de décision aussi… Ce rôle, vous ne pouvez le jouer que si vous maîtrisez votre texte et votre posture de manager. Il s’agit donc de rester authentique, connecté à vos émotions et à celles de votre interlocuteur, sans vous laisser déborder par elles.

 

L’improvisation… ne s’improvise pas !

« Oui mais… Tout le monde n’a pas le sens de la répartie. Improviser est un don, sinon on serait tous comédiens ! » me répondez-vous.

C’est là que vous vous trompez. Improviser ne s’improvise pas. Tous les grands improvisateurs vous diront qu’ils ont beaucoup répété, beaucoup travaillé, avant de se présenter sur scène, sans texte ou sans partition, devant des centaines de spectateurs. Ils ont juste appris à adapter leur « jeu » au contexte. Il existe des techniques pour cela, des outils… et aucun d’entre eux ne fonctionnent si vous ne répétez pas.

La répétition procure la capacité à lâcher prise et à rester centré sur l’autre. Dans l’improvisation, il y a le verbal bien sûr, mais aussi le non-verbal, la posture et la liberté d’interprétation. Ce non-verbal  permet de faire passer votre naturel et vos émotions dans le discours que vous tenez.

On peut prendre en exemple les techniques de négociations qu’apprennent les commerciaux : elles se jouent, se répètent et s’acquièrent au cours de jeux de rôle. Il ne s’agit pas de manipuler autrui, mais de s’adapter au contexte et de développer sa capacité à réagir à des expériences de communication variées. Plus vous vivez d’expériences différentes, plus cette capacité s’ancre en vous et se transforme en réflexe.

 

Refaire le match, ce n’est pas ressasser

À titre d’exemple, prenez les sportifs : leurs coaches utilisent régulièrement la vidéo pour revoir le match précédent avec toute l’équipe, analyser les tactiques utilisées, leur efficacité, les combinaisons plus ou moins réussies, et débriefer. Pensez-vous qu’ils le fassent pour trouver les responsables des erreurs qui ont été faites, pour les pointer du doigt et les mettre à l’amende ? Non ! Ils ne ressassent pas, ils ne sont pas en train de regarder en arrière : en fait, ils sont déjà en train de préparer le prochain match. À leur façon, ils répètent. Ils enregistrent déjà ce qu’ils feront différemment. En seront-ils moins authentiques à votre avis ? Non, je ne pense pas. En revanche, leur pratique sera sans doute plus affûtée.

Prenez maintenant les joueurs d’échec. En fonction de la configuration de l’échiquier, ils prévoient plusieurs coups à l’avance ce qui va se produire. Ils ont appris et répété des dizaines de fois chaque déplacement et ses conséquences. Ils n’en savent pas pour autant l’issue de la partie. Ils ne manipulent pas leur adversaire. Ils sont comme le chat qui prend ses précautions pour avancer sur le rebord du balcon, pose une patte après l’autre bien en équilibre, mais qui, déconcentré par le merle qui vient le narguer, bascule dans le vide… et retombe sur ses pattes à l’étage en-dessous.

 

Alors, convaincu que la répétition ne nuit pas au naturel ni à l’authenticité ?

L’équipe Inside 

 

Notre interview sur le sujet : 

 

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candres

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